C’est une urgence !
« C’est une urgence ! » 
S’il y a bien une phrase qui déclenche un pic de cortisol immédiat chez n’importe quel vétérinaire, c’est celle-ci, prononcée à 18h57 : « Je vous l’amène, c’est une urgence vitale, il ne tient plus debout ! »
On s’imagine déjà en plein épisode de Grey’s Anatomy, prêt à masser un cœur à mains nues. Et puis, le patient arrive…
La définition très personnelle de « l’urgence » 
En clinique, on apprend vite que le dictionnaire du propriétaire n’est pas le même que le nôtre.
L’urgence selon le véto : Un accident de la voie publique, une torsion d’estomac, une hémorragie massive.
L’urgence selon certains clients : Une tique vue il y a trois jours mais qui est devenue « plus grosse » ce soir, ou un rappel de vaccin périmé depuis six mois qu’il faut faire absolument maintenant parce que Médor part en pension demain à l’aube.
Le syndrome de la salle d’attente « Pop-corn » 
La journée était pourtant calme, presque trop finalement. Et dire que vous aviez même prévu de partir à l’heure pour une fois. Et là, c’est l’effet pop-corn.
Une « urgence » en appelle une autre. En 10 minutes, la salle d’attente se transforme en hall de gare un jour de grève. Le ton monte, la secrétaire essaie de jongler avec trois téléphones, et l’ASV commence à regarder les compresses avec l’envie de s’en faire un bandeau de pirate pour disparaître.
Le dilemme du cœur contre la montre 
Ce n’est pas qu’on n’aime pas soigner (au contraire !). C’est la charge mentale de l’imprévisibilité. C’est le sentiment de devoir choisir entre :
Sauver le monde une 12ème fois aujourd’hui.
Avoir une vie sociale / voir ses enfants / dormir plus de 5 heures.
Le saviez-vous ? La capacité d’un vétérinaire à rester poli quand on lui présente une urgence « pelade de queue » à 19h15 est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Comment survivre sans mordre personne ? 
Le Triage (le vrai) : Apprendre à dire « non » ou « demain matin » pour ce qui n’est pas vital. C’est dur, mais c’est ce qui sauve votre santé mentale.
La Meute à la rescousse : C’est là que le Team Building prend tout son sens. Une équipe soudée, c’est une équipe qui sait se répartir les rôles quand la tempête arrive sans prévenir. On se soutient, on se relaie, et on se promet une bière (ou un jus de carotte) après le rush.
L’humour (encore lui) : Rien de tel que de débriefer en équipe sur l’absurdité de certaines situations pour faire redescendre la pression.
Vous n’êtes pas des machines ! 
Chers vétos, chères ASV, votre dévouement est admirable, mais n’oubliez pas : votre propre énergie est aussi une ressource limitée.
Apprendre à gérer l’imprévu en équipe, c’est comme apprendre à manoeuvrer un voilier en pleine mer : si tout le monde tire sur la même corde en même temps, on finit par chavirer. En troupeau, on est plus forts face aux vagues de dernière minute !
