Et s’il me restait 3 mois à vivre ?

Pour avoir accompagné des personnes jusqu’à la fin, je réalise que moi aussi j’ai une fin. Que se passerait-il si un médecin me disait : Il vous reste seulement 3 mois à vivre ?

J’ai régulièrement regardé ma vie et posé des actions en fonction de cette question. S’il me restait trois mois, serais-je au clair avec ceux que j’aime ? Aurai-je des regrets ? Aurais-je bien vécu ?

M’est avis qu’avoir eu une belle vie c’est surtout lui avoir donné du sens, avoir avoir fait face aux épreuves et avoir eu de la gratitude pour ses cadeaux, Ce n’est pas nécessairement avoir eu une « belle situation ». C’est avoir vécu ou agit en fidélité à soi. 

A l’approche du dernier souffle il est bien trop tard pour changer le passé. En revanche choisir de vivre le présent avec cette couleur-là peut s’avérer constructif.

Pour moi il y a quelques questions à se poser.

  1. Suis-je au clair en mon for intérieur avec ceux que j’aime ? Que me reste-t’il à dire, à laisser partir ?
  2. Ai-je des regrets ?
  3. Qu’est-ce qui m’entrave encore ?

S’autoriser à mourir c’est aussi s’autoriser à vivre pleinement et librement.

La première fois que j’ai écrit mon testament, c’était parce que j’avais des biens. En l’écrivant j’ai réalisé que je devais aussi dire au revoir aux gens qui m’ont accompagnée sur mon chemin de vie. J’ai pris une feuille et ai commencé ma première lettre. Une lettre qui commençait par un pardon. Un pardon puisqu’il n’y a plus de guerre, plus de dispute ou de désaccord possible. J’ai pris une deuxième feuille, ce courrier-ci commençait par une gratitude de ce qui a été dans la relation, J’ai listé toutes les belles choses que nous avions partagé. Une troisième, puis une quatrième jusqu’à ce que j’ai fait le tour des relations.

En faisant cela, même si je n’ai pas donné les lettres à leurs destinataires, j’ai laissé partir toutes les rancœurs, les mauvais souvenirs, les trahisons. Je me suis libérée de ce qui entravait ma vie.

En m’autorisant à partir, non pas que j’ai eu des pensées noires à ce moment-là, je me suis autorisée à vivre pleinement, à m’aligner avec ma liberté d’agir. Libre de mourir, de recommencer, de partir, de rester, de dire je t’aime, de dire et demander pardon….

J’ai pris conscience que le plus dur ce n’était pas de répartir ses biens, mais surtout d’être au profond de mon cœur pour être en vérité avec les autres et moi-même.

Cet exercice je le fais régulièrement et cela me permet de vérifier que s’il me restait 3 mois à vivre, je serai en accord avec le profond de moi. Et surtout, libre d’agir en fonction de qui je suis en essence.

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