Chacun voit ce qu'il (p)veut

Comment et pourquoi nos actes parlent de nous ?

Comment et Pourquoi nos actes disent de nous qui nous sommes ?

Si tout ce que l’on dit communique quelque chose, les actes parlent souvent bien plus de soi que les paroles.

Je réalise que quand je dis quelque chose, je n’ai aucun pouvoir sur la manière dont cela est entendu. L’autre filtre à travers ses expériences, son interprétation, ses besoins. Il n’entend que partiellement voire pas du tout ce que je veux lui dire. Éventuellement, si je prends la peine de reformuler, j’agis et cela dit de moi que j’ai à cœur de comprendre ce que dont il me fait part. C’est une action qui parle de mon intention, ce que je cherche à faire quand je fais x, y ou z. La réciproque est vraie : si l’interlocuteur reformule ce que je dis, je lis son soucis de m’entendre et de comprendre.

Quand j’agis, pose un acte, je dis quelque chose de moi.

Cela parle de qui je suis. Quand les autres agissent ils parlent d’eux aussi. Les autres me lisent, interprètent et je lis les autres.

J’ai la conviction que quand on lit, quand on interprète, on peut se faire une idée partielle de ce que l’autre dit de lui quand il fait telle ou telle chose surtout, si cela se double d’une véritable intention de reformuler par les mots. Dans ce cas on peut mieux s’approcher de la compréhension de l’autre et de ses intentions.

En Communication NonViolente on dissocie les actes des intentions. Les actes sont des observations : ce qu’une caméra montrerait, les intentions sont l’élan avec lequel on pose un acte.

Les actes sont simplement des stratégies pour nourrir un besoin. Les intention sont ce qu’on cherche à faire quand on agit. Par exemple, si je me mets à hurler sur quelqu’un, je nourris peut-être mon besoin de me défouler, ou je suis peut-être dans une telle vulnérabilité que je cherche à me rassurer sur qui je suis. Et peut-être que pour nourrir ce besoin je peux choisir d’autres stratégies ; courir un 100 mètres, faire de la musique, aller nager des kilomètres…

L’intention peut-être lue différemment par chacun. Cela devient alors un jugement qui peut être un jugement de fait ou un jugement de valeur. Un jugement de fait est de l’ordre de la constatation, un jugement de valeur condamne en termes binaires (bien ou mal) et bien souvent, on mélange les deux.

Tout le monde n’est pas égal quant à sa capacité à se positionner en posant des actes et cela est source de jugement chez les autres.

« Il est lâche de ne pas avoir agit », c’est « hypocrite, » c’est pas cohérent…

Par exemple, si je prends la parole pour exprimer un désaccord ou une gratitude, c’est déjà un acte en lui même, doublé du contenu de ce que je dis. Cet acte décrit en partie qui je suis, là où j’en suis. Autre exemple : je peux partager une publicité sur un réseau social pour dire que ça m’intéresse, même si je n’achète pas le produit. L’acte de partager dit déjà de moi ce qui me plait.

Quand je pose un acte en fidélité à moi cela dit de moi que je cherche la cohérence entre les valeurs que je veux vivre et la vie que je choisis de mener. Cela dit aussi que la fidélité à soi compte pour moi.

Les actes de chacun peuvent être lus par autrui à la fois en termes de : qu’est-ce qu’il cherche à faire quand il fait ça ? Qu’est-ce que je pense que ça dit de lui ? Qu’est-ce que ca me fait quand je lis l’action de l’autre ? Et enfin, comment je choisis de répondre à ces trois questions précédentes. Quand je réagis face à une action d’autrui, cela parle de moi. A son tour il peut se demander ce que ça dit de moi, comment il se sent vis à vis de ce que j’ai fait ou dit, et ce qu’il choisit d’en faire (ou pas)…

Ne rien faire ou ne rien dire communique aussi quelque chose. Si je choisis de ne pas prendre part à une situation, cela peut être lu comme une prise de recul, interprété comme un manque d’intérêt, une simple fatigue, une lâcheté ou un manque de motivation (Cela appartient à celui qui lit) . Chacun lit à sa manière les actes et les paroles des autres. Et parfois même, par mécanisme de projection c’est celui qui lit qui y est.

Comment faire alors ?

Je peux chercher à comprendre l’autre au delà de toute interprétation : Choisir de différer le moment du jugement que je peux avoir et le précéder par une tentative de compréhension par le dialogue. Je peux choisir de questionner l’autre, de reformuler ce qu’il dit pour être sûre que nous nous sommes compris.

Si je cherche du fond du cœur à comprendre ce que cherche à faire l’autre quand il pose tel acte ou tel autre, alors je cesse de le juger et je le comprends mieux.

En reformulant je peux mieux sentir sont intention, ce qu’il cherche à faire. Et du coup ma lecture des actes que l’autre pose est transformée en compréhension, au delà des jugements. Les besoins sont universels et c’est plus facile pour moi de me relier au fait que l’autre chercher à nourrir tel ou tel besoin plutôt que d’interpréter ses actes.

Je peux choisir aussi, avant de communiquer, imaginer ce que ça peut dire de moi et communiquer avec cette conscience là et/ou adapter ma communication en fonction de cela. Je peux alors vérifier avec l’autre sa lecture de ce que j’ai fait ou dit.

En tout état de cause, je peux surtout choisir d’être à l’écoute de ce que ce qui s’est passé me fait, m’accueillir et agir en fonction de ce que je ressens pour prendre soin de moi. Par exemple, si je me suis disputée avec quelqu’un je peux choisir de m’isoler pour faire le clair et me donner du temps pour savoir ce que je fais.

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